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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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450 LIVRE CINQUIÈME.

de l'avénement de la seconde branche des Bour-bons au trône de France, l’émeute voulut que cesprinces , élevés sur le pavois à la seule conditionde respecter la Charte, fissent à des haines bru-tales pour le passé de la patrie un sacrifice auquelles législateurs de la révolution n’avaient pas son-gé, le plus grand qu’on pût proposer à des princesqui trouvaient dans ce passé leur vertu, leurs ti-tres , et à tout le moins leur candidature à lacouronne. L’émeute, disons-nous, demanda quele vieil écusson de la France fût abattu, et il s’esttrouvé en ce temps-là un ministère pour déciderqu’une ordonnance royale l’abattît. C’était vou-loir une nuit du 4 août, de la façon et à l’endroitde la royauté. Pour complaire aux fantaisies anti-sociales de la passion régnante, on a vu ces étran-ges contradictions : la révolution, qui était re-montée à travers les âges jusqu’au prétendu coqgaulois, répudiait le souvenir de dix siècles qui,apparemment, n’ont pas été tous sans gloire, etl’autorité royale effaçait de nos monuments lafleur de lis royale qui y était, pour rétablir lesstatues impériales qui n’y étaient pas ! Le roi desFrançais et les princes ses fils sont en France lesseuls gentilshommes qui n’aient plus d’armoiries,les seuls citoyens qui soiént tenus de renier leursancêtres, les seuls français qui aient été con-damnés à rompre officiellement avec le passé dela Fiance en même temps qu’avec celui de leur