INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 451
race. C’est ainsi qu’on prétend honorer la royauté!Prétend-on seulement, par ces procédés, rallierautour d’eux tous les Français ?
Puis l’on se plaint de voir que la sédition bouil-lonne sur toute la face de la France, comme cesscories qui fument à la surface d’un volcan ! Maispourquoi la sédition serait-elle le monopole de lacapitale du royaume ? Le dernier des hameauxn’a-t-il pas, comme Paris, droit à l’émeute ! Stras-bourg, Orange, Perpignan, Béziers, Cahors, toutle midi, insurgés contre les impôts qui les bles-sent, ne font-ils pas un aussi légitime usage de laforce brutale que les bandes du Carrousel qui in-sultent aux annales de la France, parce qu’il plaîtà leur orgueil de boue d’en être importuné ? Auspectacle de populations soulevées contre l’impôtet contre la loi, tout le monde est frappé de cetteviolente atteinte à la constitution du pays ; tout lemonde reconnaît l’anarchie, et la voit flagrante.Eh bien ! la lésion de l’ordre était mille fois plusprofonde dans ces autres révoltes, dans ces autresconcessions, qui ont passé inaperçues et qu’uneseule voix accusa (1) du haut de la tribune fran-çaise. Les insurrections de la Vendée attaquent legouvernement ; celle d’Orange ou de Cahors at-taque l’État; celle de Lyon attaque la société.
(1) L’auteur de ce livre, le jour même du renversement des fleursde lys et du sac de l’Archevêché.