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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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454 LIVRE CINQUIÈME.

Continentaleet démocratique, plus menacée parconséquent à un double titre, la France adopted’autres maximes. Pour l’un des deux grands élé-ments de la force publique, celui qui comprendplusieurs millions d’hommes, les choix ont étéabandonnés sans partage à l’élection, malgré lestermes exprès de la Charte, et cela pour deuxmotifs : le précédent de 1791 et le vœu de M. deLafayette. On peut dire que de ces deux raisons,il y en avait une pour nous déterminer à l’adoptiondu parti contraire, si nous eussions été dans notrebon sens ou dans notre liberté.

La garde nationale est le premier des pouvoirspolitiques, puisque le dépôt de la Charte lui estconfié, et qu’elle seule joint la force au droit; lagarde nationale est le pouvoir le plus démocrati-que qui se soit vu sur la terre, puisqu’elle em-brasse six millions de citoyens égaux entre eux,et possédant également un droit de suffrage quiconsiste dans une baïonnette. Eh bien, en voulantl’élection pour les grades, on n’a admis aucune con-dition d’électorat, aucune d’éligibilité. C’est un mi-racle du bon sens public, si les prolétaires ne se sontpas saisis partout de cette arme terrible. Ils s’ensont saisis en plusieurs lieux. Déjà nombre de citésnous ont fait voir ce scandale et cette calamité degardes nationales prenant parti pour l’émeute,marchant tambours battants et la baïonnette aubout du fusil contre les lois. C’est le glaive qui