CHAPITRE V.
ESPRIT DE NOS LOIS FONDAMENTALES.
§ I. - LOI DE LA GARDE NATIONALE
La loi de la garde nationale est monstrueused’un bout à l’autre. Il en est sorti jusqu’à ce jourplus de bien que de mal, parce que la Francevaut mieux que les institutions qu’on a faites pourelle : elle n’use pas de ses armes comme on les luia données, à tort et à travers. Mais l’élection desofficiers est une idée de 1791 contraire au prin-cipe de tout gouvernement régulier. Le gouverne-ment n’existe pas, s’il n’a point la disposition libreet entière de la force publique. Ce principe est unecondition de vie ou de mort pour les institutions.En Angleterre, il est poussé si loin que le chef del’armée ne fait pas partie du cabinet. La respon-sabilité ministérielle ne s’étend pas à cet ordred’actes et de faits. La force publique est tout en-tière, sans partage et sans garantie, sous la mainde la couronne. On croit que le maintien del’ordre et la stabilité de l’État sont à ce prix.