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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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INFRACTIONS AUX PROMESSES DE JUILLET. 4^9

Par malheur, toutes les institutions, sur lesquelleson a établi le gouvernement nouveau, portent àfaux. On ne les a pas livrées aux prolétaires, ce quifait que l’ordre social se tient debout encore; maison tend à les asseoir toutes sur la quasi-propriété, lapérilleuse institution de garde nationale par exem-ple, et de là vient qu’en réalité tout chancelle.

Si tout chancelle, nous avons eu raison de direque les promesses de juillet ne sont pas tenues.Car on a vu que la révolution du 9 août (1830)s’est présentée à la France, comme accomplie àcette fin unique d’avoir le repos dans la liberté. Deces deux biens, l’un est corrompu, l’autre manque :et comment ne marquerait-il pas, cpiancl le parti ré-volutionnaire, surexcité par la victoire de son prin-cipe, semble toujours prêt à saisir le pouvoir ouà le renverser; quand une révolution nouvelle etplus menaçante cherche à pénétrer dans les en-trailles du pays; quand, à la place de cette anarchiematérielle, qu’on a pu redouter souvent, et quimême encore ne disparaît vaincue sur un point duroyaume que pour relever ailleurs un front in-sultant, règne une anarchie d’esprits, d’âmes, decroyances, la plus effrayante qui se soit vue depuisla chute du monde romain?

La France n’a vécu, depuis les journées dejuillet (1830), qu’en multipliant au sein deses institutions les principes de désordre et parconséquent de mort ; la raison publique peut