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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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488 LIVRE CINQUIÈME.

il faut tenir compte d’un aussi effroyable supplé-ment d’impôts.

Puissions-nous savoir enfin que des déclama-tions mensongères, des promesses impossibles enfait d’économies, sont le plus coupable des com-plots contre la chose publique $ la plus odieusedes cruautés envers le peuple qu’on abuse! M. Foxne croyait pas pouvoir porter plus haut la louangede ses amis, qu’en réclamant pour eux cette jus-tice de n’avoir jamais cherché à se rendrepopulaires par la promesse d’un allégement im-praticable des dépenses publiques. En France, untrès-galant homme, aide-de-camp du prince, pro-pose une diminution de deux centsmillions en bloc !

Un gouvernement libre n’aura jamais parminous qu’une existence précaire, et menacera tou-jours ruine, aussi longtemps que tous les espritsne se seront pas pénétrés d’une vérité que nousavons établie d’abord : c’est que la liberté n’estpas le premier intérêt des peuples ; qu’elle est uni-quement le second ; que le premier, c’est le pou-voir, ce gardien antique de la société, ce protecteurpermanent de la civilisation , dont la liberté vientseulement guider et régler les pas, quand il a en-fanté assez de progrès pour qu’elle puisse éclore àses côtés et lui rendre appui pour appui.

Avoir toujours en vue les droits légitimes du pou-voir, maintenir et défendre ses prérogatives néces-saires, est donc le premier devoir des gens de bien.