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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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Mais il est une anarchie morale qui sape lordrejusquà ses fondements, qui le rend difficile avecle despotisme même et impossible avec la liberté.On a vu des principes, et en quelque sorte descroyances politiques, soutenir lÉtat au défaut desinstitutions et suppléer aux lois. Mais les loisprendront-elles de la force contre le désordre quia son siège dans les esprits? Alors lEtat est frappéau cœur. On ne voit plus de refuge quau termede longues et cruelles épreuves; le mal est sigrand, quil peut arriver que la société malade nele sente pas. Elle est surprise des alarmes quelleinspire; elle repousse les exhortations; elle ajourneles remèdes. Le désordre pénètre peu à peu dansles habitudes, dans les opinions, dans les mœurs.Puis on sétonnera un jour de le voir apparaîtretout à coup sur les places publiques, audacieux,altier, triomphant. Ce sera pourtant chose toutesimple : il reviendra des esprits dans les rues,comme des pouvoirs publics il a passé dans leslois.

Si les lettres étaient lexpression de la société,ainsi quon la tant dit, il faudrait désespérer dela France. Notre littérature se montre empreintede tous les genres de corruption. Elle se fait uneloi et un jeu dattaquer à la fois tous les sentimentset tous les intérêts dont lordre social et lordrepolitique se composent. On dirait quelle sétudie àrendre à la société française tous les vices quelle