Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
502
JPEG-Download
 

5o2

LIVRE SIXIÈME.

droit de défense pour ses propres membres, ellefrémit, hésita entre deux peurs, et, chacunespérant ne livrer que la tête de ses voisins, touscédèrent. Quand Robespierre fut vaincu, elle lin-sulta mort comme elle le révérait vivant. A la fin,elle tomba sous le poids de lhorreur publique.Le canon de vendémiaire, impuissant à la sauver,ne servit quà lui donner dans sa chute les joieshomicides de Sardanapale , et à joncher de ca-davres son lit de mort. Quil serve aussi, ce canondestructeur, dont les salves plaisent encore à nosoreilles libérales, quil serve à prouver bien deschoses : à prouver, par lexemple de Bonaparte, ceque valent les gages sanglants demandés ou reçuspour la liberté ; par lexemple de la Convention,combien la liberté révolutionnaire aime la force ettouche de près à la dictature ; par lexemple deces panégyriques insolents, tout ce quil y a din-souciance du sang du peuple chez ces préten-dus amis du peuple, qui, la plupart, nestimentde lui quune chose : ce sont les faisceaux consu-laires dont il peut armer leurs bras.

Depuis que ce livre a paru, la Convention a étécélébrée de plus haut encore que de la barre desCours dassises. Ce nest plus un républicain avoué,ce nest plus M. Godefroy Cavaignac, qui lexaltefièrement ; mais un habile et sage professeur, undéputé, un homme qui se proclame dévoué autrône nouveau, et qui a mission publique de