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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE.

5o I

leurs œuvres, révoltantes parfois de talent et da-trocité, nosent pas les flétrir, à Dieu ne plaise! nimême les désavouer. Seulement, ils déclarentquils napprouvent pas tout. Puis on nous crieque la terreur ne peut pas être recommencée.Pourquoi non? On tente une œuvre mille foisplus difficile , cest de la réhabiliter.

Navons-nous pas vu, en pleine Cour royale, laCour lentendant et le souffrant, des accusés , enprésence du jury qui allait prononcer sur eux,méconnaître et la justice, et la France, et lhis-toire, au point de célébrer bruyamment les ver-tus et la gloire de la Convention ; cette assembléeintrépide , disait-on, qui régna au milieu desfoudres et des éclairs, qui écrasa les factions sousle canon de vendémiaire, et nabdiqua que dans lavictoire!... Jeunes gens! votre Convention, dontvous avez mal lu les fastes, fut la plus servile as-semblée qui ait paru sur la terre. Elle ne voulait,ni nosait le crime ; elle le souffrait par peur.Quand les jacobins exigèrent la tête de Louis XVI,elle eut peur et donna la tête de Louis XVI. Quandlinsurrection lui demanda de se décimer , elleimagina de se montrer à linsurrection, fut baf-fouée, eut peur, et se décima. Quand le Comité desalut public lui prit Danton et ses plus illustreschefs, elle eutpeur et les laissa guillotiner, commesil ne se fût agi que du roi et de la reine de France.Quand Robespierre lui proposa de renoncer au