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LIVRE SIXIÈME.
§ III. - ABOLITION DE LA LOI DU %\ JANVIER.
Une des préoccupations de nos prétendus fon-dateurs de monarchie constitutionnelle est d’é-tablir qu’il n’y eut pas crime le jour où des fac-tieux tuèrent le roi ; qu’il n’y a point de deuil surce jour néfaste, l’abolition de la loi du 21 janvierest proclamée une conséquence de juillet. Insensés,qui ne soupçonnez pas qu’une monarchie popu-laire a besoin , comme un arbre sans racines, degaranties et d’appuis journaliers ! Ignorants, quine savez pas que la révolution de 1688, aujourd’huiencore, célèbre pieusement l’anniversaire expia-toire du meurtre de Charles I er ! Le Parlement an-glais, le jour même où il couronnait Guillaume III(30 janvier 1689), alla en corps remplir solennel-lement ce grand devoir, afin de mettre un abîme ,dans l’esprit des peuples, entre la révolution quiavait consommé, par le régicide, la violation detous les principes sociaux, et celle qui, en dépos-sédant Jacques II, prétendait simplement assurerl’inviolabilité des lois, même à l’égard du prince.
La Chambre de 1832 n’a, au contraire, d’autreambition que de lier et de confondre les souvenirsde 1793 et ceux de 1830. La tribune est ouverteaux apologies de l’attentat parricide et aux injuresenvers le roi-victime. M, Àuguis, M. Auguste Por-talis, on ne sait qui encore, n’ont pas craint d’éta-