ANARCHIE MORALE.
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blir que Louis était mort justement, pour crimed’hypocrisie. Et, nous le répétons avec douleur,les ministres du roi se taisent ! Ils ne voyent pasqu’avec ces maximes, il n’y a point de royauté.C’est la loi des suspects contre les têtes couronnéesproclamée aux débuts de notre ordre constitution-nel! c’est la Charte nouvelle infirmée en naissant!c’est la violabilité royale inaugurée hardiment auprofit de tous les citoyens, au profit de toutes lesinsurrections ! Avec un tel code, il faudra admirerla clémence de la première révolte qui, au lieu des’employer à tuer les rois , ne demandera qu’à leschasser.
A l’heure OÙ nous écrivons, la Chambre des dé-putés vient d’adopter, dans les bureaux, de pren-dre en considération devant le public, de renvoyerà une commission, sans qu’une voix s’élevât, ne-mine contraclicente , une proposition qui portaitque Charles X , une tête sacrée, pourrait tombersous le coup de l’article 91 du Code pénal ! Il fautcroire encore que la Chambre n’y avait pas songé.La perspective d’un meurtre de roi ne frappe pasl’attention assez vivement par le temps qui court.Mais si la Chambre pouvait voter une dispositionsi monstrueuse, nous serions de plein saut et deplein droit, en dehors de la Constitution et de lamonarchie.
La royauté est inviolable, ou n’existe pas. Elleest éternelle, ou n’est pas inviolable. Napoléon était