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LIVRE SIXIÈME.
roi à Sainte-Hélène, Louis XVI au Temple, Jeandans les fers, ou il n’y a point de royauté. Lafortune ravit la puissance royale. La consécrationroyale ne peut être effacée que par une main pluspuissante que la fortune, parla mort seule. Autre-ment, tout l’édifice tombe; l’inviolabilité nomi-nale est un piège caché sous un mensonge. Leprince, sur la foi du pacte fondamental, se con-fiera à la responsabilité ministérielle; et, pourcrime d’hypocrisie ou tout autre de même nature,vous prononcerez aujourd’hui sa déchéance ; de-main , s’il vous plaît, vous le tuerez. De cettefaçon , vous serez quittes envers vos Chartes etvos serments. Oui, comme la Convention quis’arrangea aussi pour ne pas tuer un roi, mais quitua un roi. C est la conscience du genre humainqui le crie; ce sont toutes vos histoires qui l’ontdit; ce sont les élections dernières qui l’ont pro-clamé.
La disposition dont nous parlons est le régi-cide en expectative; elle serait l’abolition de laroyauté en réalité. Hélas ! de telles maximes, pourporter leurs fruits, n’ont pas besoin d’être con-verties en lois. Elles attestent dans la société l’ab-sence de toutes les idées d’ordre, l’absence detous les principes d’ordre dans l’Etat. Un pays quiles porte dans ses flancs est à la merci du premierfurieux qui entendra les mettre en pratique pourson compte ; à la merci de la première sédition qui