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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE.

reparaissent jamais, ou ne le font qu’en combat-tant ; et alors ce ne sont pas les lois qui les repous-sent, ce sont les armes. Cette vérité, tout le mondela sent et l’avoue. Les orateurs crient sans cesseque Henri V peut, sans péril pour la royauté nou-velle, courir le cerf dans les forêts sillonnées parles chasses de son aïeul, et voilà que vous deman-dez à votre roi de prononcer, non pas l’exclusioninutile, mais l’inutile bannissement , contre sononcle détrôné , contre ses cousins, contre la fillede Louis XVI qui n’a ni une couronne au front,ni un fds à ses côtés, contre son neveu innocentencore du crime d’être appelé roi, contre cettefamille enfin coupable de trop de foi au passécomme tant d’autres familles françaises, et de pluscoupable d’être apparentée, comme votre roiLouis-Philippe 1 er , à Hugues-le-Grand, à Philippe-Auguste, à Saint-Louis, à Henri IV!

Vous pouvez demander au prince tout ce quiest nécessaire à la sûreté publique, tout ce quiest utile à la défense commune. Car alors il n’yaura point d’affection, point de souvenir, pointde murmure du sang, qui parlent plus haut que laraison d’Etat. On conçoit que les premiers devoirsde tout Français, et du roi des Français plus quenul autre, soient envers la France.

Mais si du nécessaire vous arrivez au superflu ,si vous exigez du luxe en fait d’abnégation, pensez,sinon au roi, du moins à la royauté, et ne faites