LIVRE SIXIÈME.
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d’attrister à plaisir leur puissance. Elle n’entendaitpas les couronner d’une main et les blesser del’autre, les affaiblir, les humilier, les isoler par celamême; elle aurait craint de s’affaiblir soi-même ;elle savait qu’humilier les trônes, c’est rendretrop faciles la fantaisie et la puissance de les ren-verser.
§ V. Jl PETITION POUR LES CENDRES DE NAPOLEON.
Vous, législateurs, ce que vous entendez, com-ment 1? dire ? Cette même Chambre cjui demande àson roi un arrêt infamant contre la troisième dynas-tie dont il a la gloire d’être membre, lui demandeune apothéose pour le chef de la quatrième. Ellelui fait la loi d’élever un trône aux cendres deNapoléon : pourquoi seulement à ses cendres?
Serait-ce que cette Chambre n’a pas lu laCharte? N’a-t-elle pas vu que c’est la branchecadette de la maison de Bourbon qui est ap-pelée à régner? A-t-elle cru que les d’Orléanssoient plus proches parents de Napoléon que deLouis XIY ? Ou bien n’a-t-elle pas mesuré la por-tée de sa démarche? N’a-t-elle pas compris qu’au-tant il était de bon goût à Louis-Philippe de res-tituer à la colonne sa statue, autant il y avaitconvenance et devoir pour les autres branches dela législature de repousser toute démonstrationéquivoque, tout hommage blessant, toute ai-