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LIVRE SIXIÈME.
soit le seul roi qui n’ait pas d’ancêtres, le seulfrançais qui n’ait pas d’écusson. Nous travaillonsà faire de lui un homme nouveau, en dépit del’histoire. Un grand orateur, alors membre hono-raire du cabinet, crut devoir déclarer à la tribuneque le monarque régnait, non pas à cause de sespères, mais malgré ses pères, non pas parce queBourbon, mais quoique Bourbon ! Tandis que leprince Bernadotte s’est déclaré un Wasa, que leprince d’Orange se fit Stuart, qu’il se numérotaaprès tous les Guillauines d’un sang qui n’était pasle sien, nous voulons qu’un d’Orléans ne soit pasBourbon ; nous ne le couronnons que sous la loi derenier tous ces Philippes, Auguste, le Bel, le Hardi,dont il est issu ! Puis nous dormons tranquilles sides étudiants qui se seront insurgés contre un pou-voir ainsi traité, ont été battus par la patrouille ;ou bien , au contraire, nous nous étonnons si unpère est obligé d’avertir le public, par la voiedes journaux, que c’est malgré ses ordres quemonsieur son fils (1) fait signer dans sa maisonl ’association nationale. Cependant tout cela se tientpar d’invisibles, par d’insurmontables nœuds.
La liberté romaine, qui dura sept cents ans,fit du droit d’avoir les images des ancêtres l’éter-nelle ambition des citoyens. Nous, nous croyonsaller à la liberté, en n’ayant de souvenirs non
(4) M. Degouve de Nuncques.