ANARCHIE MORALE.
521
longs et grands services, ne se sont vus désignésaux animosités populaires qu’en vue de frapperdans la pairie une institution qui a été la gloire dela France, et qui était sa nécessaire sauve-garde.Mais tout sert à ces passions criminelles pour s’as-souvir en exaspérant les masses : longtemps lesplacards, puis les jourtiaux, puis les pamphlets,puis enfin les théâtres, et, à défaut du théâtre,quand l’autorité, poussée à bout par la grandeurdu scandale, clôt ses portes, la tribune législativeest exploitée dans les mêmes intérêts et aux mêmesfins. Un grave personnage, l’un des chefs actuelsde la magistrature, un orateur puissant qui a dé-fendu l’ordre avec courage, avec passion, pen-dant vingt mois, jette son nom et son autorité àtravers ce funeste désordre. U poursuit son œu-vre dans les feuilles publiques; il ne recule pasdevant les conséquences que cherche la factionqu’il a tant combattue ; il laisse à décider si sapolémique est un plaidoyer pour son illustreclient qui n’est plus, ou un réquisitoire contre lapairie qui tombe_Nous parlerons.
Nous le pouvons, Dieu merci! car notre bouche,notre cœur et notre plume sont purs de tout as-sentiment à aucune des violences ou à aucune desfaiblesses de notre temps. Nous avons parlé sur lemaréchal Ney, quand les princes, sous les loisdesquels il succomba, étaient vivants et régnaient;à une époque où les hommages à sa mémoire n’é-