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LIVRE SIXIÈME.
taient pas communs, sa famille nous faisait remer-cier d’avoir rappelé qu’à la tête de nos armées ,dans la retraite de Russie entr’autres, il lui arrivad’être plus qulAjax et autant qu Achille.
Mais d’où vient qu’après seize années on varemuer ses cendres ? Est-ce au héros qu’on veutdresser des statues ? Pourquoi à lui seul ? A-t-ilseul vaincu à la tète de nos soldats ? Montébello,Istrie, Frioul, Esling, Esling, l’enfant chéri de lavictoire, ces noms sont-ils sans grandeur? pour-quoi les laisser sans monuments ? Ce n’est doncpas la vie de Ney que vous voulez illustrer ! c’estsa mort. Sa mort ? Pourquoi lui seul ? lui seul dansnotre patrie est-il mort avant le temps et d’unemort fatale ? Depuis quarante ans, n’y a-t-il euqu’une tête illustre qui ait été frappée du glaivede la loi ? Dix journaux parlent tous les matinsdes victimes juridiques de la restauration ! Dequel droit ces cris, vous qui avez dans le cœurl’éloge de la Convention, et dans la bouche sesdoctrines? de quel droit seulement, vous qui,non contents d’aimer les conquêtes de la révolu-tion et ses lois, amnistiez ses crimes en faveurde ses bienfaits? Oubliez-vous les justices du2 septembre ? oubliez-vous ce tribunal où labarre, vaste amphithéâtre, pouvait contenir troiscents accusés, trois cents victimes, plus de vic-times que de spectateurs? Des généraux ! Oubliez-vous Biron et Custines frappés le lendemain de