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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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bune, comme autrefois celle de César, les ora-teurs ont passé le temps à se disputer le panégy-rique de Napoléon, et à faire, de cette tribunequ’il brisa, un autel à sa mémoire. Mais Napoléonn’a-t-il point tué ? Le duc d’Engbien n’était-il pasaussi une grande victime ? Vous parlez de vic-toires ? Ce jeune prince, dont tout le crime était larace dont il avait le malheur d’être issu, ne se re-commandait-il pas par les longues victoires decette race héroïque ? Vous parlez de capitulationviolée, d’arrestation illégale. Mais est-il permisd’atteindre soit l’innocent, soit même le coupa-ble, sur un sol qu’on ne régit pas? N’avez-vouspas entendu dire où le duc d’Engbien fut arrêté,sur quel territoire, au mépris de quelle protec-tion ? ne savez-vous pas que le droit des genstout entier veillait à sa garde, que la loi desnations, que l’indépendance et la souverainetédes Etats furent violées en lui ? Et lui, il ne futpas prévenu à l’avance! il n’eut pas le temps decacher sa tête ! La nuit, quand il dormait sur lafoi de ce droit des gens que vous invoquez pourl’illustre maréchal, des bandes ont envahi le solhospitalier sur lequel il repose, fait une marchede condottieri , assailli sa demeure, brisé avec leglaive le lien intime, et saint peut-être, qui letenait attaché à cette terre funeste et à la vie.Une voiture l’emprisonne, l’emporte ; il ne s’arrêteque dans un cachot où on constatera l’identité,