ANARCHIE MORALE.
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leurs victoires ? Des noms respectés ! Oubliez-vous Bailly, Lavoisier, Malesherbes ? Des ora-teurs! Oubliez-vous Barnave, Vergniaux, Gen-sonné, toutes ces charrete'es de girondins menéspar trentaine au banquet de l’échafaud ? Des chefsde la révolution! Oubliez-vous Pétion, Condorcet,Barbaroux, Camille Desmoulins, Danton enfin,le géant de vos montagnards ? Des femmes ! Ou-bliez-vous la princesse de Lamballe, madameElisabeth, Marie-Antoinette, et, à tout le moins,madame Rolland , ou les jeunes filles de Verdunportant à la guillotine leurs têtes virginales etleurs vingt ans suspects ? Des rois ! Ah ! vous neles oubliez pas... Car vous trouvez des parolespour recommencer leur jugement, et des insultespour le ratifier !
Certes, quand tout a passé sous la justice desfactions, quand le dévoûment à la liberté, le dé-voûmerit à la révolution, la royauté, le génie, lascience, la vertu, la beauté, la jeunesse, la gloiren’ont pas été épargnés par la faux sanglante, il estétrange qu’on n’ait d’entrailles que pour une seulegloire, une seule infortune. On devrait songerqu’il y a trente mille arrêts à casser, trente milleréhabilitations à accomplir, avant qu’on arriveaux jours de la restauration pour lui demandercompte de ses victimes et les panthéoniser.
Etrange rapprochement! Pendant ces jours oùla dépouille de Ney était agitée du haut de la tri-