LIVRE SIXIÈME.
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merce et les arts. Les capitaux s’enfouissent, lestalents s’éloignent et s’irritent ou se corrompent.Le génie national s’exalte, s’enivre, porte danstoutes les voies du désordre, non plus pour y êtreun flambeau, mais pour y être un brandon , saflamme inutile. Toute une nation est inquiète etmalade, sans savoir pourquoi. On sent vaguementqu’il doit y avoir un jour des catastrophes. Oncherche les causes de cet état extraordinaire aveceffort, et il y a celle-là précisément que l’ordresocial a été miné jusqu’à ses fondements.
Tel est l’état où nous sommes depuis la révolu-tion de 1830. Le taire ne servirait de rien. Ce qu’ilfaut, c’est, s’il se peut, d’y parer.
La France sait de reste qu’elle est trop heu-reuse si elle n’a perdu qu’un cinquième de soncapital immense. Chaque citoyen a perdu unepartie notable de ses revenus. Et pourtant la ré-volution de 1830 a été la plus prompte, la plusincontestée qui se soit vue dans l’histoire !
Elle a été assurément aussi l’une des plus cir-conspectes et des plus humaines. Cependant nosintérêts secondaires ont-ils seuls souffert? Non. Sinous y regardions de plus près, nous découvri-rions que chacun de nous est moins sûr de sapropriété qu’il ne l’était avant le tremblement deterre des ordonnances et de la révolution. Cha-cun de nous est même moins sûr de sa tête, bienqu’on n’ait point tué encore : dans ce sentiment