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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE. 549

universel de fragilité se cache la source des mi-sères publiques.

Pourquoi? c’est que toutes les bases de l’ordremoral sont ébranlées ; c’est que la force est appa-rue , qu’elle a violenté les citoyens, l’Etat, lesgrands pouvoirs. Elle n’a pas abdiqué encore , àl’heure même où nous écrivons. L’ordre est parcela seul altéré dans la première de ses garanties.Qui peut se croire certain de ne pas se voir, tôt outard, face à face avec la même puissance, cettefois encore victorieuse et souveraine ? Et qui l’em-pêchera, elle aussi, de se dire le droit, de s’in-tituler gouvernement, d’appeler )’Hôtel-de-Ville laFrance, et de faire de quelques chefs d’émeute lesarbitres d’un grand empire. Ce péril, personne nele proclame; à son insu, chacun le pressent. Voyezce qui se passe dans les populations quand on leurapprend que le fléau qui vient du fond de l’Asieajouter ses misères à toutes nos misères, approchede leur territoire. Personne n’est frappé encore,et cependant les réflexions sérieuses, les gravesapprêts sollicitent tous les esprits. Chacun com-prend que la mort vient d’acquérir sur lui undroit de plus. 11 perd, à cette loterie de la vie hu-maine, quelques-unes des chances sur lesquellesil devait compter.

Et ce que nous disons de la vie, dites-le de lafortune pour tout ce qui possède; dites-le desfonctions publiques pour tout ce qui n’a de pain