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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

dans Paris, de dépenser tout leur revenu, souspeine de mort?

Si la classe élevée, dont la révolution et legouvernement de 1830 ont fait si bon marché,possède cette puissance de compromettre la for-tune publique par son inimitié , il faut prendrede deux partis l’un : ou bien l’exterminer, ce quiest long, difficile, peu sûr, ou bien la ménager, laramener à vous, introduire dans vos institutionsdes éléments de stabilité qui la rassurent contrele déchaînement des passions révolutionnaires,transiger enfin, et, à tout le moins, respecter dessusceptibilités naturelles ; éviter de blesser, sansutilité, des sentiments inoffensifs; laisser, parexemple, aux royalistes les souvenirs, si vousvoulez pour vous seuls la puissance; n’insulterpas, de gaîté de cœur, par vos lois, à des princesabattus. Car on ne peut dire combien, sur cetteterre de France, les coups envoyés à l’infortunerencontrent au passage de cœurs généreux. Et iln’y a que deux systèmes : celui de Napoléon oucelui de Marat ; tendre la main à l’aristocratie an-cienne, ou bien lui couper la tête.

Si elle a dans ses rangs des esprits timides ouprévenus, auxquels toute révolution fait redoutercette double alternative comme possible encore,à qui la faute? Qui démolit sans cesse et toujours?Qui frappe à coups redoublés ce trône populaire ,dernier rempart de l’ordre? Qui agite la torche,