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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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ANARCHIE MORALE.

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tout le monde à l’égard des intérêts les plus in-times. Mais, grâce à la haute nature de l’homme,ce n’est pas seulement dans les intérêts positifsque les citoyens peuvent se trouver blessés ; il estdes affections, des croyances, des opinions quisont aussi une propriété, qui sont autant et plusque la vie aux âmes élevées : on ne peut les vio-lenter sans qu’un sentiment profond de malaise nesaisisse les classes qui les ressentent, et par suitela société entière. Alors qui peut compter sur lapaix de l’avenir? Et la confiance dans l’avenir estle fondement de tous les efforts des peuples ; elleest la source de toutes leurs prospérités. Elle fait lescommandes du riche, le labeur fructueux du pau-vre, la circulation des capitaux, les miracles ducrédit, ceux du génie, ceux des arts ; c’est la foi quitranche les montagnes et en tire des trésors ; c’estpar là que tout un peuple fait fortune en mêmetemps. Que ce ressort puissant se détende, ettout s’affaisse à la fois.

Au spectacle de l’alanguissement général desaffaires, les journaux, les discours de la tribune,ceux de M. Mauguin notamment, retentissent deplaintes sur le mauvais vouloir des propriétaires,sur leur application à s’éloigner des villes et à en-fouir leurs trésors, à laisser le peuple sans travailet sans pain, en haine, dit-on, de la monarchiede 1830. Faudra-t-il donc, comme la Convention,décréter, pour les riches, l’obligation de rentrer