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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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et l'ordre constitutionnel, l’administration , lepouvoir royal, notre incomplète monarchie s’yuseraient avec elle.

Hélas, l’ordre constitutionnel pourra courird’autres périls.

Croit-on que le règne du désordre, tour à tourimminent sur la place publique et inauguré dansles lois, s’il se prolongeait, n’altérât que les senti-ments des hautes classes, que la sécurité générale,que la fortune publique? Un autre intérêt encoreserait blessé. L’amour de la liberté constitution-nelle est une passion trop noble pour s’accom-moder des atteintes que la société a reçues. Cettepassion généreuse a beaucoup souffert; elle a étérefoulée dans bien des âmes. Nous en appelons ànos adversaires les plus décidés : la main sur laconscience, croient-ils qu’elle ait fait des con-quêtes depuis vingt mois? Croient-ils qu’ellecompte un partisan de plus qu’en juillet 1830 ?Personne ne le dira. Les journaux seuls l’ont plussapée, dans la conviction du commerce de Paris,par exemple, que nous tous, par nos efforts dequinze années, nous n’avions fait pour la rendrechère et respectable à la France. Qui ne voitchaque jour les esprits les plus élevés se décou-rager du gouvernement représentatif, douter dela liberté, nier sa vertu ? Qui n’a entendu mur-murer le blasphème de Cassius : « Oh! n’es-tuqu’un vain nom ? »