ANARCHIE MORALE.
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Il est temps de changer de marche si on veutrendre aux idées libérales leur cours et leur pro-grès, tant on a eu raison d’établir plus haut quela liberté n’est pas la première passion des peu-ples ! Ils se la laissent aisément ravir ; ils consen-tent à la voir remplacée par des prestiges, commela gloire; par des réalités , comme le repos. Maisque le pouvoir s’affaiblisse et tombe, c’est un périldont rien ne les distrait. Ils veulent du pouvoir àtout prix; ils en demanderaient aux révolutionsplutôt que de s’en passer.
Or, tout est faussé, parmi nous : notre systèmereprésentatif ne représente qu’un intérêt et qu’uneclasse. Notre liberté de la presse n’éclaire que lavérité outrageante des factions, et il advient quecette publicité partiale est le mensonge. Notremonarchie constitutionnelle a un roi, mais n’apas encore de royauté. Notre gouvernement negouverne pas ; la pairie est là qui atteste que tropsouvent il obéit. Une puissance inconnue, la né-cessité, règne sur les trois pouvoirs soumis, et,quand on parle de classe moyenne , ce n’est passa tête qui exerce cet empire ; non , elle aussi lesubit. Elle est depuis vingt mois asservie; C’estau sein des cafés de village que siège cette fata-lité nouvelle qui nous presse. Là est concentréela puissance publique. La France ne saurait impu-nément plier plus longtemps sous un tel joug.Elle sait que de tels comices ne ressemblent pas