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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

front levé , et elle a pris soin d’attester la généa-logie que nous lui avons donnée ! Nous avons ditqu’elle est condamnée par sa nature à se nourrirdes utopies de la Terreur. On a vu la Société desJmis du Peuple consacrer avec passion les plâtresde Robespierre et de Marat. La démagogie reven-dique pour elle-même le droit d’images : tandisqu’elle interdit à la société française le culte desancêtres, elle en fait un privilège à son profit.

Nous avons dit que ses adeptes pardonnenttout à Robespierre, hormis son grain d’encens àl’Etre-Suprême ; et, ce que nous supposions , unjournal vient de l’écrire , de le raisonner, de s’enfaire gloire.

Nous avons dit que si jamais ces hommes blâ-sounaient, ils prendraient pour arme le triangled’acier, et voilà que , par les rues , une jeunesse ,ivre des orgies de la presse, se promène, laboutonnière ornée d’une guillotine vierge, imagedes gloires que l’on rêve, de l’avenir que l’on

convoite. Malheureux, pour arborer cette

croix d’honneur stupide et féroce, attendez aumoins de l’avoir gagnée !

Nous avons dit qu’une des plaies sociales étaitque la presse fût livrée aux prolétaires de la litté-rature. Et n’avez-vous pas entendu des écrivainspoursuivis devant les tribunaux se déclarer pro-létaires , tirant vanité de ce titre, comme s’il yavait beaucoup de gloire à confesser qu’on n’a pas