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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

gets; elle ne chargera pas vos comptes. Si cettepolitique mortelle pouvait vivre,bornés et stériles,prolixes et impuissants, nous serions la petite Pro-vence de l'univers.

L’un des plus curieux symptômes de la maladiemorale qui nous travaille, c’est l’étrange, l’in-concevable échauffourée d’un orateur puissantet sage contre le budget de l’armée. Les éco-nomies brutales faites sur la magistrature l’ontrévolté à juste titre-, son indignation éclate danstoutes ses paroles. Il ne tarit pas sur cette mesqui-nerie envieuse et grossière; son éloquence inter-mittente est fixe sur ce point, comme le pendulemobile sur son immobile pivot. Sans doute, il dé-fendra les autres services contre les Tarquins debas-étage qui courbent tout ce qui s’élève sous unmême niveau, afin de pouvoir encore tout domi-ner ? Point! puisqu’on a rabaissé la magistrature,il faut rabaisser l’armée; et voilà ce ferme espritqui lance un réquisitoire contre la gloire des ar-mes ! il se met à compter sou à sou les profits destenants d’Austerlitz, des survivants d’Héliopolis oude la Moskowa ; il place le légiste en parallèle avecle capitaine; il oppose les veilles fructueuses et vo-lontaires aux bivacs forcés, l’étude intéressée aucourage, la pierre (sic !) à la mitraille, les combatsdu barreau à ceux de la Bérésina, de Leipsik, duDésert, oubliant que l’avocat, qui défend devantla justice nos maréchaux de France menacés, se