LIVRE SIXIÈME.
584
faut de toutes croyances, le vide moral, le dé-sordre de sentiments et d’idées déploré, en beauxtermes, il faut l’avouer, par un parti qui outragechaque jour toutes les croyances privées et pu-bliques ! Ce parti trouve tout simple de se grou-per autour d’un homme (1) qui, conformant sonlangage à sa pensée, a dit, du haut de la tribunenationale, en parlant delà religion desespères,de la religion de son pays, d’une religion quiremplit l’univers et qui l’a civilisé : Je n’en usepas ! Et ils veulent que nous usions de leurs demi-dieux ! ils nous donnent leurs saints pour remplirle ciel désert ! chacun apporte le sien à son tour :celui-ci Berton, celui-là les sous-officiers de laRochelle, un autre les constituants, un autreNey. Ney, volontiers, si c’est la gloire; point,si c’est la haine et la vengeance !
Pour repeupler le monde moral dont à la fin levide épouvante, un honorable maréchal (M. lemaréchal Clausel) croit avoir assez fait, en de-mandant qu’un vote au scrutin pare le Panthéondu nom de temple. Temple dédié à qui ? Au dieuinconnu? on le comprendrait, il y aurait de laferveur dans cette dédicase : Deo ignoto, quicherche le dieu absent et l’adore. Mais prenezgarde : un temple au Dieu qu’on repousse, auDieu qu’on nie, au Dieu qui n’est pas ! Le parti
(1) M. Àudry de Puyraveau.