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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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faut de toutes croyances, le vide moral, le dé-sordre de sentiments et didées déploré, en beauxtermes, il faut lavouer, par un parti qui outragechaque jour toutes les croyances privées et pu-bliques ! Ce parti trouve tout simple de se grou-per autour dun homme (1) qui, conformant sonlangage à sa pensée, a dit, du haut de la tribunenationale, en parlant delà religion desespères,de la religion de son pays, dune religion quiremplit lunivers et qui la civilisé : Je nen usepas ! Et ils veulent que nous usions de leurs demi-dieux ! ils nous donnent leurs saints pour remplirle ciel désert ! chacun apporte le sien à son tour :celui-ci Berton, celui- les sous-officiers de laRochelle, un autre les constituants, un autreNey. Ney, volontiers, si cest la gloire; point,si cest la haine et la vengeance !

Pour repeupler le monde moral dont à la fin levide épouvante, un honorable maréchal (M. lemaréchal Clausel) croit avoir assez fait, en de-mandant quun vote au scrutin pare le Panthéondu nom de temple. Temple dédié à qui ? Au dieuinconnu? on le comprendrait, il y aurait de laferveur dans cette dédicase : Deo ignoto, quicherche le dieu absent et ladore. Mais prenezgarde : un temple au Dieu quon repousse, auDieu quon nie, au Dieu qui nest pas ! Le parti

(1) M. Àudry de Puyraveau.