ANARCHIE MORALE.
587
gloire, d’arriver à quelque chose de plus qu’à untombeau, de fonder quelque chose de mieuxqu’une fortune !
Mais non ! ce sont là des pensées et des passionssurannées parmi nous. Le principe social qui sou-tient le monde politique depuis six mille ans, estmort. Le principe religieux , qui soutient le genrehumain depuis la création, est mort. Le principemonarchique, qui soutient l’Europe chrétiennedepuis quinze siècles , est mort. Que reste-t-il ?...Ce qui reste : une vérité ! C’est que ces principes,mis en œuvre dans la mesure et la forme quecomporte le progrès des temps, sont immortels;qu’ils reprendront leur empire d’une manière ap-propriée à nos mœurs et à nos intérêts, ou quec’en sera fait à la longue de l’ordre social, del’indépendance extérieure, de la civilisationfrançaise. Àvant tout, le gouvernement représen-tatif, notre rêve de quarante ans, disparaîtra,quelque jour, étouffé sous nos décombres. LaFrance a été vue, renversant les autels en hainedu prêtre, les trônes en représailles contre unroi. Elle pourrait bien renier la liberté constitu-tionnelle, en dégoût de ses tendances anarchi-ques, par fatigue de cette basse démocratie quil’envahit, qui la corrompt, qui en viendra àfroisser toutes les âmes, à soulever tous les inté-rêts, à contrister et blesser ceux même qui ne serendraient pas compte des motifs de leur épou-