5c)6 CONCLUSION.
lants et les accablent. Cette pensée est un motifd’espoir. Elle prouve qu’il y a en nous des moyensde salut; tous les gens de bien doivent se dévouerà les mettre en œuvre. Mais la grandeur de labrèche atteste la grandeur de nos périls. Les vic-toires remportées sont de celles dont il faut s’ap-plaudir , en sachant qu’elles ressemblent aux vic-toires de Pyrrhus. Si elles devaient se renouveler,très-probablement l’État et la société y périraient.
On a vu à Grenoble, à Lyon, partout, deuxchoses dont il faut se bien rendre compte : c’est,d’une part, la faiblesse de nos institutions politi-ques et sociales, que le moindre incident perce àjour, qui semblent incapables de se défendrecontre un premier choc : si ces premiers coupsde main de l’anarchie n’ont fait que tout ébranler,c’est qu’ils ont eu lieu uniquement à Perpignan, àGrenoble, à Lyon. Le jour où les victoires du dé-sordre éclateraient à Paris, comme dit M. Cabet,tout serait brisé.
D’autre part, a éclaté l’impuissance du désordreà rien fonder, que disons-nous, à saisir même legouvernail, à nous régir, à se régir lui-même, etenfin à oser. Ce double point de vue marque lecaractère exact du temps où nous sommes ; il in-dique la tâche précise que la politique doit se pro-poser.
En effet, il est manifeste que la sécurité renais-sante manque de garanties, qu’elle n’a point les