CONCLUSION.
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Qu’est-ce qu’attaquer la propriété dans un paysconstitué sur l’égalité des partages ? c’est non pas
la répartir d’une façon nouvelle, mais l’abolir. Car,
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ferez-vous des lots égaux entre tous ? aussitôt lehasard des naissances, le mouvement de la popu-lation aura tout changé. Il n’est pas de combi-naison qui vous fasse échapper pour le lendemainà cette nécessité de compter encore des riches etdes pauvres, de recommencer toujours ce tirageau sort du sol entier de la patrie. En dehors del’ordre social sur lequel tout repose aujourd’hui,il n’y a donc que le saint-simonisme ou le ba-bouvisme ; et, la propriété anéantie , ce n’est passeulement l’esprit de conservation qui s’évanouit;l’esprit de progrès éteint son flambeau; le travailcesse; la civilisation, la justice, Dieu même seretire du milieu des hommes. Au sein de l’universsauvage et désert, créature déchue, l’homme sesent orphelin.
En d’autres termes, la révolution de 1789 estachevée; la pousser plus loin ne se peut. Plusloin, il n’y a que des abîmes sans fond et sansretour. C’est à ces abîmes que l’esprit révolution-naire nous pousse. La France y veut-elle aller ?Si elle ne le veut pas , ce n’est pas trop du con-cours de tous les hommes et de toutes les idéesd’ordre pour en préserver l’avenir.
Car, en terminant ce livre, on est obligé de leredire. La révolution de 1830 nous a fait faire