CONCLUSION.
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Certes, si la raison et la justice, ces divinitésprotectrices des peuples fermes et sages, déci-daient seules des choses humaines, la sociétéfrançaise , dans ce conflit avec les mauvaises pas-sions , serait fondée mille fois à persister danssa sécurité. L’ordre social que la révolution nousa laissé, n’est-il pas le plus propice au grandnombre qui se soit vu dans l’univers ? Le droitseul le domine; l’égalité y règne; cette égalitésincère et féconde y fait de tous les biens de lacivilisation une loterie entre tous les hommes ; letravail, l’honneur, le talent, y sont toujours sûrsdu gain. Que demandera-t-on déplus pour lesmasses? La domination et la propriété; car iln’y a rien de plus. C’est forcément sur ces deuxpoints que portera tout l’effort public ou occultedes factions. La domination, le pouvoir public ?Qui l’oserait? Elles n’accepteraient pas ce funesteprésent. Lyon nous a fait voir que cpiand il leurest échu en châtiment de leur révolte, elles nesavent désirer pour toute amnistie cpi’une seulegrâce, celle d’être gouvernées.
Reste la propriété : c’est une bien autre séduc-tion. Mais elles peuvent obtenir la propriété parl’ordre et le travail ! On voudra la leur faire ac-quérir parla force. Ce n’est rien de nouveau : c’estla loi agraire, mais universelle, furieuse, insensée,accusant bruyamment le délire de ceux qui ferontce rêve exécrable.