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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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CONCLUSION. 609

formés, mais à des esprits et à des coeurs robustesque toute la philosophie du xvm e siècle avait im-prégnés et trempés, qui avaient hardiment com-battu et écrasé Xinfâme, qui n’avaient pas reculédevant le sang des prêtres plus que devant celuides rois; qui enfin avaient mis la barrière deleurs fureurs entre eux et les autels, comme entreeux et la royauté ! Il ne s’en inquiéta pas. Il courbaces hommes d’airain sous les bénédictions du vi-caire de Jésus-Christ. Il les conduisit à genouxsous les voûtes de Notre-Dame. Il leur fit pro-mener dans les rues de Paris la croix et la mulepapales, tandis que notre gouvernement cons-titutionnel se voit contraint par la révolution àglorifier ses morts avec les choeurs de l’Opérapour tout cortège, et à cacher Dieu dans l’ombredes sanctuaires, sans aller lui-même l’y honorer.Voilà pour le ciel.

Sur la terre, Napoléon prit la propriété pour lahase de son gouvernement. Elle est le point d’ap-pui nécessaire des trônes; elle est le point d’appui,plus nécessaire encore, des institutions libres.

À la propriété, il joignit hardiment ces autrespierres fondamentales de l’édifice social : le res-pect des traditions, le culte du passé, qui fontdes générations écoulées les gardiennes perpé-tuelles des générations présentes ; le respect desnoms et des souvenirs, sentiment populaire quele xvm e siècle essaya de nier ou de détruire, que la

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