32 LE PLUTARQUE
exclu delà couronne par le nouveau traité, lefût encore nommément par les étals. Celte in-solence et les desseins ambitieux du duc deGuise, dont il ne fut plus permis do douter,déterminèrent le roi à se défaire de lui par unassassinat. 11 fait appeler Grillon et lui dit : « Le• duc mérite la mort. — Sans doute. — J’ai fait» choixdevouspour le punir.—Jecours le dé-» fier.—Arrêtez, vosjours me sont trop chers.» Frappez, mais sans vous compromettre. »
A ces mots,.Crillon , saisi d’horreur, se jetteaux pieds du roi et le supplie de lui pardonnerun refus que l’honneur lui commande. Le mo-narque le relève, l’embrasse, et se borne à luidemander le secret.
Les gardes, appelés les Quarante-Cinq, furentalors chargés de frapper le duc. Ils le tuèrentle 20 décembre ià88 , dans la chambre du roi,avec les poignards que ce prince leur avait lui-même distribués.
Henri ne se trouvant pas en sûreté à Blois,se réfugia à Tours, d’où le duc de Mayenneessaya de l’enlever. Il courut le plus granddanger, et ne duL son salut qu’à l’intrépiditéde Crillon. Pressé de toutes parts, le roi se ré-fugia auprès de ce digne guerrier qui défen-dait un pont que les ligueurs attaquaient avecun acharnement terrible, et lui dit : « lb’avo» Crillon, le sort de ton roi est aujourd’huij> entre tes mains. » —Sire, lui répondit-il,