Band 
Tome seconde.
Seite
137
JPEG-Download
 

FRANÇAIS. 1^7

tête de l’infanterie. Celte relation, devenuepublique à Paris , fit dire plaisamment à quel-qu’un qui savait bien comment les choses s’é-taient passées : « M. de Câlinât était-il à cette» bataille? »

Visiter les blessés , leur faire donner dessecours, et remercier les troupes qui l’avaientsi bien secondé, fut le premier soin de Cati-nat après l’action. Les soldats du régiment deGrancey jouaient aux quilles, quand il vintà eux. Dès qu’ils l’aperçoivent, ils quittent leurjeu; mais il les engage à le reprendre : « Mon» général, lui dit l’un d’eux, ce serait un» grand honneur pour nous, si vous daigniez» être de la partie : —Volontiers, répond-il,i> et il joue aussitôt avec eux. » Un officiergénéral, présent à cette scène, s’étonne de voirun général d’armée jouer aux quilles aprèsune bataille gagnée : « Rien n’est plus naturel,» lui dit Câlinât; cela serait surprenant si je» l’avais perdue. r>

Profitant de sa victoire , Catiuat s’étenditaussitôt dans le Piémont, et se rendit maîtrede Suze; mais ces avantages, qui faisaientl’admiration de l’armée, furent regardés parI.ouvois comme peu importuns. Influencé parun intrigant, nommé Chamlay, ce ministredisait que Câlinât aurait du envahir le Pié-mont et marcher sur 'Purin. Câlinât répondaitque, pour s’avancer sur cette ville, défendue