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par une garnison nombreuse, et la présence deson souverain, il fallait être maître de Carma-gnole. De si justes raisons ne touchèrent pointLouvois, qui envoya Chamlay à l’armée pourjuger Catinat. Supportant avec calme ces dé-goûts, et uniquement occupé de bien remplirson devoir, Catinat écrivit alors à son frèreces paroles mémorables, que l’homme debien devi’ait suivre à la lettre: « J’ai appréciéla louange et le blâme, et, depuis que je vois» comme les hommes les dispensent, je me suis» fait mon juge. » Aussi força-t-il bientôt la ca-lomnie au silence. 11 entra avec l’élité de sestroupes dans le comté de Nice, et, en moins detrois semaines, la conquête en fut faite.
Veillane et Carmagnole tombèrent ensuiteen son pouvoir. La prise de Coiii lui devenantnécessaire, il en chargea un lieutenant-gé-néral, nommé Bulonde; mais le siège decette ville ne fut pas heureux. Bulonde lo levahonteusement, laissant ses malades, ses blessés
et toute son artillerie entre les mains de l’en-
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nemi.
Il était prouvé que Feuquières avait contri-bué à la déconfiture de Bulonde. Catinat pou-vait les perdre tous deux ; mais il se contentade mander au roi que l’altaque de Coni auraitmieux réussi, si elle eût été plus régulière-ment conduite. Sa générosité, dans cette cir-constance, était d’autant plus admirable, qu’il