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duc d’Orléans témoigna son mécontentementde ce qu’on ne l’avait pas prévenu qu’on livre-rait bataille. Le maréchal s’en tira par uneréponse adroite : il dit au duc que le seulbruit de son arrivée ayant exeilé l'enthou-siasme de ses troupes, et répandu la cons-ternation parmi les ennemis, il n’avait pas-cru devoir laisser échapper une occasion sifavorable d’attaquer. Le duc d’Orléans ne futpas la dupe de ce compliment flatteur, et ilresta persuadé qu’on n’avait pas voulu qu’ilpartageât la gloire de vaincre.
Cependant les premiers jours de son com-mandement furent marqués par de grandsavantages. Les villes de Valence et de Sa-ragosse tombèrent en son pouvoir : colles deXativa, de Serpa, de Moura et d’Alcira,eurent, peu de temps après, le même sort.Enfui, après avoir parcouru en vainqueurles royaumes d’Aragon et de Valence, iltermina heureusement la campagne par laprise de Lérida.
Plusieurs circonstances se réunirent pourque la conquête de cette dernière ville flattâtson amour-propre : elle avait été l’écueil duGrand-Condé; et dès qu’on sut à Versaillesque le duc d’Orléans était dans la résolutiond’en faire le siège , le roi , qui craignaitqu’une entreprise si périlleuse n’entraînât laruine de l’armée, lui envoya un courrier pour