206 LE PLUTARQUE
nement français fit plusieurs réformes. Lati-nes, par une injustice dont il ne se vengeaque par le plus noble dévouement pour sapatrie, fut du nombre de ceux qui se virentcondamnés à l’inaction. Indigné de ce repos,mais trop fier pour descendre à de basses solli-citations, il se rendit, comme simple volon-taire, à l’armée d’Italie, que commandaitBonaparte. Sa valeur, long-temps retenue,n’en eut qu’un plus brillant essor. Bonaparte,témoin de celle qu’il montra à la journéede Millesimo, le nomma, sur le champ debataille même, colonel du vingt-neuvièmerégiment.
La reconnaissance est un besoin pour lesgrandes âmes. Lannes s’efforça de prouvertoute l’étendue de la sienne, en secondant,par ses généreux efforts , ceux du jeune hérosqui venait de lui rendre son rang et ses espé-rances. Mais ce n’est plus par de simplesexploits qu’il désire de se signaler, il aspireà des prodiges, et il n’est bruit dans l’arméeque de ceux qu’il opère. A Bassano, il s’em-pare de deux drapeaux. Au passage du Pô,à la bataille de Lodi, à l’assaut de Pavie, onle voit par-tout où le péril est le plus grand.Nommé général de brigade, il fait, en cettequalité, le siège de Manloue, et enlève àbaïonnette le faubourg Saint-George. Au com-bat de Governolo il enfonce, culbute, et me*