FRANÇAIS. 279
encore. Indigné de la lenteur que les Espagnolsmettaient à ouvrir la tranchée devant Saint-Guillain, il s’élança, à la tête d’une trouped’élite, sur le chemin couvert, en chassa l’en-nemi, et lui imprima une si grande terreur,que le gouverneur de la ville se croyant atta-qué par une armée entière, capitula. La déli-vrance de Cambrai assiégée par Turenne, etla prise d’un riche convoi, furent égalementdues à son courage; mais ce qui mit vraimentle comble à sa gloire, fut l’honneur qu’il eutd’empêcher, devant Dunkerque, le prince deCoudé de tomber entre les mains de l’ennemi.Son intrépidité pensa lui coûter la vie. 11 enfut heureusement quitte pour la perte de saliberté.
La paix, après laquelle les deux partis sou-piraient , fut enfin signée. Luxembourg, quiavait été échangé contre le maréchal d’Auraont,fut présenté au roi. Il en reçut un favorableaccueil; et, quelque temps après, il épousamademoiselle de Luxembourg, dont il joignitle nom et les armes à ceux de Montmorenci.Persuadé que le tumulte de la ville est incom-patible avec le désir de s’instruire, il se reliradans son duché de Pinei, où il é tudia les moyensque les grands capitaines qui l’avaient précédéa raient employés pour s’assurer la victoire, etil y resta jusqu’au moment où la mort de Phi-lippe îv, roi d’Espagne, embrasa l’Europe.