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LE DÉPIT AMOUREUX.
GROS-RENÉ.
Mou Dieu ! qu'à les appas je suis acoquiné '.
MARIN ETTE.
Que Marinette est sotte après son Gros-René !
ACTE CINQUIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
MASCARILLE.
« Dès que l’obscurité régnera dans la A ille,
« Je me veux introduire au logis de Lucile;
« Va vite de ce pas préparer pour tantôt,
« Et la lanterne sourde, et les armes qu'il faut. »
Quand il m’a dit ces mots, il m’a semblé d’entendre :
Va viteinent chercher un licou pour te pendre.
Venez çà, mon*palron; car, dans l'étonnementOù m’a jeté d’abord un tel commandement,
Je n’ai pas eu le temps de vous pouvoir répondre.
Mais je vous veux ici parler, et vous confondre :Défendez-vous donc bien, et raisonnons sans bruit.
Vous voulez, dites-vous, aller voir celte nuitLucile? « Oui, MasrariUe. » Et que pensez-vous faire?
« Une action d’amant qui se veut satisfaire. »
Une action d’un homme à fort petit cerveau,
Que d'aller sans besoin risquer ainsi sa peau.
« Mais tu sais quel motif à ce dessein m'appelle;
« Lucile est irritée. » Eh bien ! tant pis pour elle,n Mais l’amour veut que j'aille apaiser son esprit. »'
Mais l'amour est un sot qui ne sait ce qu’il dit.
Nous garant ira-t-il, cet amour, je vous prie,
D'un rival, ou d'un père, ou d'un frère en furie?
« Penses-tu qu'aucun d'eux songe, à nous faire mal ? »
Oui vraiment, je le pense; et surtout ce rival.
« Mascarille, en tout cas, l’espoir oii je me fonde,
« Nous irons bien armés; et si quelqu'un nous gronde,
« Nous nous chamaillerons. » Oui? Voilà justement,
Ce que votre valet ne prétend nullement.
Moi,chamailler (1), bon Dieu î Suis-je un Roland, mon maître >
(1) Chamailler, c’e>t frapper à coups d'épée ou de hache sur uue armure ùo