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ACTE I, SCÈNE XI.
J’ai souffert qu’elle ait vu les belles compagnies,
Les divertissements, les bals, les comédies;
Ce sont choses, pour moi, que je tiens de tout tempsFort propres à former l’esprit des jeunes gens ;
Et l’école du monde, en l’air dont il faut vivre,Instruit mieux à mon gré que ne fait aucun livre.
Elle aime à dépenser en habits, linge, et nœuds ;
Que voulez-vous ? Je tâche à contenter ses vœux ;
Et ce sont des plaisirs qu’on peut, dans nos familles,Lorsque l’on a du bien, permettre aux jeunes tilles.
Un ordre paternel l'oblige à m’épouser;
Mais mon dessein n'est pas de la tyranniser.
Je sais bien que nos ans ne se rapportent guère,
Et je laisse à son choix liberté tout entière.
Si quatre mille écus de rentes bien venants,
Une grande tendresse et des soins complaisants,Peuvent, à son avis, pour un tel mariage,
Réparer entre nous l’inégalité d'âge,
Elle peut m’épouser ; sinon, choisir ailleurs.
Je consens que sans moi ses destins soient meilleurs.Et j’aime mieux la voir sous un autre liyménée,
Que si contre son gré sa main m’était donnée.
SGANARELLE.
Eli! qu’il est doucereux ! c’est tout sucre et tout miel.
ARISTE.
Enfin, c’est mon humeur, et j’en rends grâce au ciel.
Je ne suivrai jamais ces maximes- sévères
Qui font que les enfants comptent les jours des pères.
SGANARELLE.
Mais ce qu’en la jeunesse on prend de libertéNe se retranche pas avec facilité ;
Et tous ses sentiments suivront mal votre envie,Quand il faudra changer sa manière de vie.
ARISTE.
El pourquoi la changer ?
SGANARELLE.
Pourquoi ?
ARISTE.
Oui.
SGANARELLE.
Je ne sar
Y voit
-on quelque chose
ARISTE.
où l’honneur soit blessé?