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Tome I.
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L’ÉCOLE DES MARIS.

SGANARELLE.

Bon. Voyons ce qu’il a pu t'écrire.

ISABELLE.

Ali, ciel ! gardez-vous bien de l'ouvrir.

SGANARELLE.

Et pourquoi ’

ISABELLE.

Lui voulez-vous donner à croire que c'est moi?

Une fille d'honneur doit toujours se défendreDe lire les billets qu'un homme lui fait rendre.

La curiosité qu'on fait lors éclaterMarque un secret plaisir de s'en ouïr conter :

Et je trouve à propos que, toute cachetée,

Cette lettre lui soit promptement reportée,

Afin que d'autant mieux il connaisse aujourd'huiLe mépris éclatant que mon cœur fait de lui ;

Que ses feux désormais perdent toute espérance,

Et n’entreprennent plus pareille extravagance.

SGANARELLE.

Certes, elle a raison lorsqu'elle parle ainsi.

Va, ta vertu me charme, et ta prudence aussi :

Je vois que mes leçons ont germé dans ton àmé,

Et tu te montres digne enfin d’être ma femme.

ISABELLE.

Je ne veux pas pourtant gêner votre désir.

La lettre est en vos mains, et vous pouvez l'ouvrir.

SGANARELLE.

Non, je n’ai garde; hélas ! tes raisons sont trop bonnes,Et je vais m'acquitter du soin que tu me donnes ;

A quatre pas de là dire ensuite deux mots,

Et revenir ici te remettre en repos.

SCÈNE YI.

SGANARELLE.

Dans quel ravissement est-ce que mon cœur nage,Lorsque je vois en elle une fille si sage !

C’est un trésor d'honneur que j’ai dans ma maison.Prendre un regard d’amour pour une trahison !

Recevoir un poulet (1) comme une injure extrême,

(1) Poulet , billet amonrenx, ainsi nommé parco qn’en le pliant on y faisaitdeux pointes qui .représentaient les ailes d’un poulet. Ce mot était déjà on