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Tome I.
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L’ÉCOLE DES MA R TS.

« mariage dont je suis menacée dans six jours me fait lia-« sarder toutes choses ; et, dans la résolution de m'en alfran-« chir par quelque voie que ce soit, j'ai cru que je devais« plutôt vous choisir que le désespoir. Ne croyez pas pour-« tant que vous soyez redevable de tout à ma mauvaise des-« linée; ce n’est pas la contrainte où je me trouve qui a fait« naître les sentiments que j'ai pour vous ; mais c’est elle« qui en précipite le témoignage, et qui me fait passer sur« îles formalités où la bienséance du sexe oblige. Il ne tien-« dru qu’à vous que je sois à vous bientôt, et j’attends seu-« leinent que vous m’ayez marqué les intentions de votre« amour, pour vous faire savoir la résolution que j'ai prise;« mais, surtout, songez que le temps presse, et que deux« cœurs qui s'aiment doivent s'entendre à demi-mot. »ERGASTE.

Eli bien! Monsieur, le tour est-il d’original?

Pour une jeune fille, elle n'en sait pas mal !

De ces ruses d’amour la croirait-on capable?

VALÈRE.

Ah ! je la trouve là tout à fait adorable.

Ce trait de son esprit et de son amitiéAccroît pour elle encor mon amour de moitié,

Et joint aux sentiments que sa beauté m'inspire...

ERGASTE.

La dupe vient; songez à ce qu’il vous faut dire.

SCÈXE IX.

SGANARELLE, VALÈRE, ERGASTE.

SGANVRÉLLE, sc croyant seul.

Oh ! trois et quatre fois béni soit cet éditPar qui des vêtements le luxe est interdit (I)!

Les peines des maris ne seront plus si grandes,

Et les femmes auront un frein à leurs demandes.Ob ! que je sais au roi bon gré de ces décris (2) !

(1) C’est une chose litres do remarque, que Louis XIV, qui introduisit lamagnificence dans les habits et dans les équipages, ait fait seize édits contre le luxe-Celai dont parle Sganarelle est du 27 novembre 1660. Il avait pour objet dedéfendre les broderies , cannetiUes, paillettes, etc.

. (2) On appelait les décris, les ordonnances faites ponr défendre de fabriquer,vendre on porter certaines étoffes.