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ACTE II, SCENE XI.
SCÈNE XI.
SGANARELLE, ISABELLE.
SGANARELLE.
Jamais amant n’a fait tant de trouble éclater,
Au poulet renvoyé sans le décacheter ;
Il perd toute espérance enfin, et se retire;
Mais il m'a tendrement conjuré de te dire :
« Que du moins en t’aimant il n’a jamais pensé« A rien dont ton honneur ait lieu d’être otl’ensé;
« Et que, ne dépendant que du choix de son âme,
« Tous scs désirs étaient de t’obtenir pour femme ,
« Si les destins, en moi qui captive ton cœur,
« N’opposaient un obstacle à cette juste ardeur ;
« Que, quoi qu’on puisse faire, il ne te faut pas croire« Que jamais les appas sortent de sa mémoire ;
« Que, quelque arrêt des deux qu’il lui faille subir,
« Son sort est de t’aimer jusqu'au dernier soupir;
« Et que, si quelque chose étouffe sa poursuite,
« C’est le juste respect qu'il a pour mon mérite. »
Ce sont ses propres mots; et, loin de le blâmer,
Je le trouve honnête homme, et le plains de t'aimer.
ISABELLE, bas.
Ses feux ne trompent point ma secrète croyance,
Et toujours ses regards m’en ont dit l’innocence.
SGANARELLE.
Que dis-tu ?
ISABELLE.
Qu’il m’est dur que vous plaigniez si fortUn homme que je hais à l'égal de la mort ;
Et que, si vous m’aimiez autant que vous le dites,Vous sentiriez l’affront que me font ses poursuites.
SGANARELLE.
Mais il ne savait pas les inclinations ;
El, par l’honnêteté de ses intentions,
Son amour ne mérite...
ISARELI.E.
Est-ce les avoir bonnes,
U tos-moi, de vouloir enlever les personnes?
Est-ce être homme d’honneur de former des desseinsCour m’épouser de force en m’ôtant de vos mains?Connue si j'étais fille à supporter’la vie''Près qu’on m’aurait fait une telle infamie!
r, SGANARELLE.
Comment. ?