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Tome I.
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L’ÉCOLE DES MARIS.

ISABELLE.

Oui, oui; j’ai su que ce traître d'amantParle de m'obtenir par un enlèvement ;

Et j’ignore pour moi les pratiques secrètesQui l'ont instruit si tôt du dessein que vous faitesDe me donner la main dans huit jours au plus tard,Puisque ce n’est que d'hier que vous m'en fîtes part ;Mais il veut prévenir, dit-on, cette journéeQui doit à votre sort unir ma destinée.

SGANARELLE.

Voilà qui ne \’aut rien.

ISVBELLE.

■* Oh ! que pardonnez-moi !

C'est un fort honnête homme, et qui ne sent pour moi.

SGANARELLE.

11 a tort, et ceci passe la raillerie.

IS VBELLE.

Allez, votre douceur entretient sa folie;

S’il vous eilt vu tantôt lui parler vertement,

11 craindrait vos transports et mon ressentiment,

Car c’est encor depuis sa lettre mépriséeQu’il a dit ce dessein qui m'a scandalisée ;

Et son amour conserve, ainsi que je l’ai su,

La croyance qu'il est dans mon cœur bien reçu,

Que je fuis votre hymen, quoi que le monde en croie,Et me verrais tirer de vos mains avec joie.

SGANARELLE.

Il est fou.

ISVBELLE.

Devant vous il sait se déguiser,

Et son intention est de vous amuser.

Croyez par ces beaux mots que le traître vous joue,Je suis bien malheureuse, il faut que je l’avoue,

Qu avecque tous mes soins pour vivre dans l’honneurEt rebuter les vœux d’un lâche suborneur,'

Il faille être exposée aux fâcheuses surprisesDe voir faire sur moi d'infâmes entreprises!

SGANARELLE.

Va, ne redoute rien.

ISABELLE.

Pour moi, je vous le di,

Si vous n’éclatez fort contre un trait si hardi,

Et ne trouvez bientôt moyen de me défaireDes persécutions d’un pareil téméraire,

Xabandonnerai tout, et renonce à l'ennui