Band 
Tome I.
Seite
236
JPEG-Download
 

236

L’ECOLE DES MARIS.

SCÈNE XIII.

VALÈRE, SGANARELLE, ERGASTE.

VALÈRE.

Monsieur, qui vous ramène en ces lieux?

SGANARELLE.

Vos sottises.

yALÈRE.

Comment?

SGANARELLE.

Vous savez bien de quoi je veux parler.Je vous croyais plus sage, à ne vous rien celer.

Vous venez m'amuser de vos belles paroles,

Et conservez sous main des espérances folles.

Voyez-vous, j'ai voulu doucement vous traiter,

Mais vous m’obligerez à la fin d'éclater.

N'avez-vous point de honte, étant ce que vous êtes,De faire en votre esprit les projets que vous faites ?De prétendre enlever une tille d'honneur,

Et troubler un hymen qui fait tout son bonheur?

VALÈRE.

Qui vous a dit, Monsieur, cette étrange nouvelle?

SGANARELLE.

Ne dissimulons point, je la tiens d'Isabelle,

Qui vous mande par moi, pour la dernière fois,

Qu elle vous a fait voir assez quel est son choix ;

Que son cœur, tout à moi, d'un tel projet s’offense ;Quelle mourrait plutôt ([tien souffrir l’insolence;

Et que vous causerez de terribles éclats,

Si vous ne mettez fin à tout cet embarras.

VALÈRE.

S'il est vrai qu’elle ait dit ce que je viens d’entendre,J’avouerai que mes feux n’ont plus rien à prétendre;Par ces mots assez clairs je vois tout terminé,

Et je dois révérer l’arrêt qu'elle a donné.

SG VN UÏELLE.

Si... Vous en doutez donc, et prenez pour des feintesTout ce que de sa part je, vous ai fait de plaintes?Voulez-vous qu’elle-môme elle explique son cœur ?

J'y consens volontiers, pour vous tirer d’erreur.Suivez-moi, vous verrez s'il est rien que j'avance,

Et si son jeune cœur entre nous deux balance.

(il va frapper à sa porte.)