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Tome I.
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.238 L’ÉCOLE DES MARIS,

Me voir femme de l'un est toute mon envie ;

Et plutôt qu'être à l'autre on m uterait la vie.

Mais c’est assez montrer mes justes sentiments,

Et trop longtemps languir dans ces rudes tourments.

Il faut que ce que j'aime, usant de diligence,

Fasse à ce que je hais perdre toute espérance,

Et qu’un heureux hymen affranchisse mon sortD'un supplice pour moi plus affreux que la mort.

SGANARELLE.

Oui, mignonne, je songe à remplir ton attente.

ISABELLE.

C’est Tunique moyen de me rendre contente.

SGANARELLE.

Tu le seras daus peu.

ISABELLE.

Je sais qu'il est honteuxAux fdles d’expliquer si librement leurs vœux.

SGANARELLE.

Point, point.

ISABELLE.

Mais, en l’état où sont mes destinées,

De telles libertés doivent m ètre données ;

Et je puis, sans rougir, faire un aveu si douxA celui que déjà je regarde en époux.

SGANARELLE.

Oui, ma pauvre fanfan, pouponne' de mon àme !

ISABELLE.

Qu'il songe donc, de grâce, à me prouver sa flamme!

SGANARELLE.

Oui, tiens, baise ma main.

ISABELLE.

Que sans plus de soupirs11 conclue un hymen qui fait tous mes désirs,

Et reçoive en ce lieu la foi que je lui donneDe n'écouter jamais les vœux d’autre personne.

(Elle fait semblant d’embrasser Sganarelle, et donne sa main à baiserà Valère.)

SCANARELLE.

liai! hai! mon petit nez, pauvre petit bouchon,

Tu ne languiras [>as longtemps, je t'en répond.

(.A Valère.)

Va, chut ! Vous le voyez, je ne lui fais pas dire,

Qe n'est qu’après moi seul que son âme respire.