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Tome I.
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246
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24 G

L’ÉCOLE DES MARIS.

SGANARELLE.

Venez, beau directeur, suranné damoiseau !

On veut vous faire voir quelque chose de beau.

ARISTE.

Comment?

SGANARELLE.

Je vous apporte une bonne nouvelle.

ARISTE.

Quoi?

SGANARELLE.

Votre Léonor, où, je vous prie, est-elle?

ARISTE.

Pourquoi cette demande? Elle est, comme je croi,Au bal chez son amie.

SGANARELLE.

Eh ! oui, oui ; suivez-moi,Vous verrez à quel bal la donzelle est allée.

ARISTE.

Que voulez-vous conter? 1

SGANARELLE.

Vous l'avez bien stylée :II n’est pas bon de vivre en sévère censeur ;

On gagne les esprits par beaucoup de douceur;

Et les soins défiants, les verrous, et les grilles,Ne font pas la vertu des femmes ni des filles ;Nous les portons au mal par tant d'austérité,

Et leur sexe demande un peu de liberté.Vraiment! elle en a pris tout son soûl, la rusée;Et la vertu chez elle est fort humanisée.

ARISTE.

Ou veut donc aboutir un pareil entretien?

SGANARELLE.

Allez, mon frère aîné, cela vous sied fort bien ;

Et je 11e voudrais pas pour vingt bonnes pistolesQue vous 11’eussiez ce fruit de vos maximes folles :On voit ce qu’en deux sœurs nos leçons ont produit.L’une fuit les galants, et l’autre les poursuit.

ARISTE.

Si vous ne me rendez cette énigme plus claire...

SGANARELLE.

[.'énigme est que son bal est chez monsieur Valère;Que, de nuit, je l'ai vue y conduire ses pas,

Et qu’à l'heure présente elle est entre ses bras.