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L’ECOLE DES MARIS.
Je vous sers beaucoup plus que je ne vous abuse.
Le ciel pour êlre joints ne nous fit pas tous (leux :
Je me suis reconnue indigne de vos feux ;
Et j'ai bien mieux aimé me voir aux mains d’un autreQue ne pas mériter un cœur comme le vôtre.
VALERE, à Sganarelle.
Pour moi, je mets ma gloire et mon bien souverainA la pouvoir, Monsieur, tenir de votre main.
ARISTE.
Mon frère, doucement il faut boire la chose :
D'une telle action vos procédés sont cause ;
Et je vois votre sort malheureux à ce point,
Que, vous sachant dupé, l'on ne vous plaindra point.
LISETTE.
Par ma foi, je lui sais bon gré de cette affaire;
El ce prix de ses soins est un trait exemplaire.
LÉonon.
Je ne sais si ce trait se doit faire estimer;
Mais je sais bien qu'au moins je ne le puis blâmer.
ERGASTE.
Au sort d'étre cocu sou ascendant l’expose;
Et ne l’être qu'en herbe est pour lui douce chose.SGAXARELLE, sortant de l'accablement dans lequel il était plongé.Non, je ne puis sortir dé mon étonnement.
Cette ruse d'enfer confond mon jugement ;
Et je ne pense pas que Satan en personnePuisse êlre si méchant qu'une telle friponne.
J'aurais pour elle au feu mis la main que-voilà.Malheureux qui se fie à femme après cela !
La meilleure est toujours en malice féconde;
C'est un sexe engendré pour damner tout le monde.
J'y renonce à jamais à ce sexe trompeur,
Et je le donne tout au diable de bon cœur.
ARISTE.
Allons tous chez moi. Venez, seigneur Valère;Nous tâcherons demain d’apaiser sa colère.
LISETTE, an parterre.
Vous, si vous connaissez des maris loups-garous,Envoyez-les au moins à l’école chez nous.
fin de l'école des maris.