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Tome I.
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ACTE III, SCÈNE X

(Apercevant Léonor. )

Ah ! je la vois paraître, et sa suivante aussi.

ARISTE.

Léonor, sans courroux, j'ai sujet de lue plaindre.

Vous savez si jamais j’ai voulu vous contraindre,

Et si plus de cent fois je n'ai pas protestéDe laisser à vos vœux leur pleine liberté :

Cependant votre cœur, méprisant mon suffrage,

De foi comme d’amour à mon insu s’engage.

Je ne me repens pas de mon doux traitement;

Mais votre procédé me touche assurément.*

Et c'est une action que n’a pas méritéeCette tendre amitié que je vous ai portée.

LÉONOR.

Je ne sais pas sur quoi vous tenez ce discours;

Mais croyez que je suis de même que toujours,

Que rien ne peut pour vous altérer mon estime,

Que toute autre amitié me paraîtrait un crime,

Et que, si vous voulez satisfaire mes vœux,

Un saint nœud dès demain nous unira tous deux,

ARISTE.

Dessus quel fondement venez-vous donc, mon frèl’é.,,?

SGANARELLE,

Quoi ! vous ne sortez pas du logis de Valère?

Vous n’avez point conté vos amours aujourd'hui ?

Et vous ne brûlez pas depuis un an pour lui?

LÉONOR.

Qui vous a fait de moi de si belles peintures,

Et prend soin de forger de telles impostures ?

SCÈNE X.

ISABELLE, VALÈRE, LÉONOR, ARISTE, SGANARELLE,EN COMMISSAIRE, UN NOTAIRE, LISETTE, ERGASTE.

ISABELLE.

Ma sœur, je vous demande un généreux pardon,

Si de mes libertés j’ai taché votre nom.he pressant embarras d’une surprise extrêmeM’a tantôt inspiré ce honteux stratagème :

Votre exemple condamne un tel emportement ;

Mais le sort nous traita tous deux diversement.

( A Sganarelle. )

Pour vous, je ne veux point, Monsieur, vous faire excuse ;